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 La conquête du monde perdu [-16]

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Severus Rogue
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MessageSujet: La conquête du monde perdu [-16]   Mer 15 Mai - 11:18


Préface

    Il y a très longtemps, alors que l'humanité prenait sa place en haut de la chaîne alimentaire, la magie faisait son nid au travers de certains de ces êtres supérieures. Dès leur naissance, une marque représentant leur élément naturel était visible sur leur corps. Ces créatures étaient appelées " Les immortels ". Ils n'étaient pas réellement humains et le seul moyen de les tuer était de porter atteinte à cette marque d'à peine quinze centimètres de diamètre. Bien sûr cela peut sembler une tâche simple, mais ces créatures maîtrisaient parfaitement leur magie.
    Très vite, les Hommes conclurent que cette espèce ne méritait pas sa place sur Terre. La guerre fut déclarée.
    Un puissant mage, aidé des ses cinq sœurs, décida de créer un lieu où les immortels seraient les bienvenus. Ce fût la naissance des îles Éctélion et Camélia. La première, et aussi la plus grande, comportait quatre espaces spécifiques aux quatre éléments dont le mage avait donné le nom de quatre de ses sœurs, Hermina, Marina, Aurélia et Espéranza; maîtrisant chacune un élément. Les quatre éléments se trouvant réunis sur l'île portaient le nom de leur maître. Il y avait donc la forêt Hermina, la bay Marina, la vallée Aurélia, les montagnes Espéranza et la ville principale Camélia. La seconde île (portant le nom de la cinquième sœur) n'était destiné qu'à accueillir sa famille.
    Nous ne savons pas grand chose de ces créatures, de leurs habitudes. Il existe bien des récits sur eux mais nul ne sait si il s'agit de vérité où d'inventions perfides des Hommes afin de monter les esprits des générations futurs contre cette race. Seulement, alors que rien ne permettait de le prévoir, ces espaces disparurent. Personne ne savait ce qui s'était passé mais les mortels laissèrent croire qu'ils avaient terrassé cette espèce dangereuse avant de faire disparaître cette rumeur et toutes celles qui concernaient de près ou de loin cette magie maintenant disparue.
    Quelques années après la naissance de ce mystère devenu une légende, deux adolescents issues de familles de pêcheurs partirent en mer et firent une découverte à laquelle ils ne s'attendaient pas. Ils remontèrent dans leurs filet un petit coffre de bois sombre orné de symboles plutôt anciens d'un bleu vert encore brillant. Il était très difficile de dire combien de temps l'objet avait passé dans l'eau. Il s'était vite séché et n'était presque pas abîmé. Lorsqu'ils ouvrirent le coffre, ils y trouvèrent des dessins, des cartes et une sphère enroulée dans un tissu. À l'intérieur de la sphère, quelque chose semblait bouger, lentement, calmement. Alors que l'un des deux l'avait pris dans sa main, ce qu'elle contenait s'immobilisa et émit un légère lumière bleue. C'est alors qu'une voix claire, cristalline, une voix de jeune femme s'en échappa. Cette femme racontait son histoire, une histoire qui allait changer la vie de nos pêcheurs.

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Dernière édition par Severus Rogue le Lun 20 Mai - 19:17, édité 1 fois
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Severus Rogue
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MessageSujet: Re: La conquête du monde perdu [-16]   Mer 15 Mai - 11:22

Chapitre 1: Un début un peu chaotique


    On dit souvent que la vie ne tient qu'a un fil; c'est pourtant là un fait bien réfuté, jusqu'au moment où, comme moi, on voit la lame s'en approcher dangereusement. Le temps reste l’ennemi du vivant. Mais un autre fait se rapproche de vous dans cet instant. L'être vivant ne vit pas, il survit. Alors que la mort vous regarde dans les yeux, vous ne pouvez que vous questionner sur votre passé. Où ai-je fait une erreur? Pourquoi dois-je en arriver là? Et même comme immortelle, je n'échappe pas à cette règle. Mais laissons cela de côté pour le moment.
    Je me nomme Calypso et je vivais dans la ville principale de l'île d'Éctélion jusqu'à... assez récemment en fait. Je suis née de l'union très brève d'un elfe et d'une sirène. Contrairement à un grand nombre de mes semblables, je ne porte pas d'importance aux personnes qui connaissent ma vie. Au point où j'en suis, cela n'a plus d'importance. Donc, au cas où ce récit tombe dans les mains d'un parfait ignorant, je vais faire un petit résumé de mon monde. Les histoires Humaines sont très belles mais la vérité est tout autre. Les quatre éléments ont chacun une espèce pour les représenter et chacune est très reconnaissable. Pour l'eau, vous l'aurez compris, ce sont les sirènes. La différence avec ce que j'ai pût entendre est que leur partie poisson n'est pas permanente et n'est pas vraiment une queue pleine d'écailles mais une simple peau apparaissant lorsqu'ils le décident. Le moyen de les reconnaître est la couleur de leurs yeux très particulière: d'un bleu nacré un peu brillant. La terre possède les elfes. Ce ne sont pas de petites créatures aux oreilles pointues mais des hommes et des femmes aux yeux d'un vert clair pétillant. Les harpies représentent l'air. Inutile de vous redire de ne pas tenir compte des différents récits connus et de vous fier à leurs yeux d'argent. Et enfin, quoi de mieux qu'un dragon pour représenter le feu? Évidemment je ne parle pas de ces gros lézards rouges pleins de dents mais de cette race repérable par leurs yeux rouges pigmentés d'or. Il est cependant possible que la couleur des yeux ne vous suffise pas à déterminer l'élément d'un immortel mais ajoutez cela à la couleur des cheveux et ça aide. Châtains pour l'eau, blond pour la terre, blancs pour l'air et noirs pour le feu. Et je ne vous parle même pas du signe élémentaire qui peut se situer n'importe où sur le corps, parfois même en plein milieu du visage.
    En ce qui me concerne c'est un peu... différent. Je suis un mélange de deux races. Il est donc plus compliqué de me relier directement à un élément précis. Comme je suis d'une grande bonté et qu'en ce moment je sais pas trop quoi faire en attendent le moment de mon intervention, je vais vous aider un peu. J'ai les yeux bleus de ma mère et les cheveux blonds de mon père. Quand à mon signe, il a le cœur d'eau et l'enveloppe de terre.
    Passons maintenant à la pratique de ce petit cours théorique. Ma mère étant une sirène, son instinct maternel n'était pas des plus présent. Elle est donc partie quelques mois après ma naissance. Mon père, lui, était plus présent... peut-être même trop. Je ne pouvais pas faire grand chose quand il était là, mais je l'aimais quand même. Malgré cela, ma vie avec lui ne fût pas très longue. Il avait été tué lors d'une de ces batailles opposant humains et immortels alors que j'avais sept ans.
    À la base, notre peuple était pacifique. Mais face à la provocation des mortels, nous ne pouvions que nous y mettre aussi. Personnellement j'ai toujours trouvé ce conflit stupide et injustifié. Notre différence était-elle si importante? L'est-elle encore? Devions-nous vraiment nous cacher des Hommes si haineux envers notre peuple? Ce ne sont pas des idées que je partage mais comme tout bon mouton je suivais les bergers. Alors je me retrouvais seule, et ce fût une harpie qui m'accueillis dans la grande Cité Camélia. Un endroit magnifique et paisible. Oui, je sais, c'est aussi le nom de l'île voisine mais l'île Éctélion porte les noms des cinq sœurs. Cette harpie s'appelait Délinda et était encore très jeune quand elle s'était mis en tête de s'occuper de moi. Je l'ai d'ailleurs plus considéré comme une sœur que comme une mère ou quoi que ce soit s'en approchant. Elle n'avait que vingt-trois ans... depuis vingt-deux ans, mais la question n'est pas là.
    Les harpies sont considérées comme les maîtres du combat à mains nues (Et des gâteaux à la vanille puisqu'on y est.) J'ai donc appris très tôt à me servir de mes mains sans pour autant être très douée. Il était également impossible que je ne sache pas me servir d'un arc puisque c'était là l'art des elfes que je me suis débrouillé pour apprendre. Pour ce qui est de la magie, c'était à nous de trouver notre force. Il n'y avait et n'y a jamais eut aucun endroit avec des cours, et en même temps c'est juste inexplicable comme notion. C'est aussi pour cette raison qu'à quinze ans, alors que notre vitesse de vieillissement ralentie considérablement, il nous faut retourner au cœur de notre élément pour le comprendre. Mais ça, c'est aussi pour plus tard. Donc, sept ans et des séances d'entraînement que j'aurais préféré éviter.
    La vie est pleine d'injustices plus ou moins justifiées mais il y a tant de beaux moments à vivre qu'il est facile de les mettre en second plan. Quand on y pense, ces moments sont très agréables, certes; mais ne le seraient-ils pas plus avec une compagnie autre que son ombre? J'étais souvent seule mais aurais-je dû chercher à l'être un peu moins? Et bien d'après Délinda: non. J'ai été élevé dans l'idée que sa force était sa seule défense. Pour survivre, il fallait être capable de se défendre seule. Sans parler du fait que personne n'est digne de confiance. Non, pour être tranquille, il fallait rester dans son coin à taper dans un sac de blé ou à faire des gâteaux à la vanille. Autant dire que mes fréquentations étaient minces. Cependant j'obtenais des résultats, il m'arrivait donc de ne pas chercher à éviter l’entraînement. Bon, j'y vais peut-être un peu fort. Je n'ai jamais émis la moindre plainte quand la méthode de travail de Délinda. C'est simplement qu'à cet âge je pensais à d'autres choses que les différentes façons d'envoyer un adversaire au tapis avec un bâton...
    À cette époque, la guerre gardait tout de même ses distances et moi je vivais avec mon train train quotidien. Je me levais en sachant ce qui se passait dans le monde et j'y pensais. Et si moi aussi j'y étais? Ce n'était pas toujours facile. De temps en temps, de nouvelles convocations de guerre étaient affichées sur la place publique. Lorsque nous les voyions, Délinda avait pour habitude de me prendre dans ses bras avant d'aller voir seule si son nom y était. Jusqu'à maintenant, jamais elle ne l'a vu et nous reprenions notre petite vie. Tous les matins, j'allais nourrir les griffons de notre voisine. Ils étaient vraiment mignons mais encore très jeunes, c'était donc plutôt normal. Et puis quand Délinda rentrait du centre ville où elle vendait nos légumes, nous déjeunions toute les deux. Quand elle estimait que nous avion fini, elle prenait un bâton et l'abattait à ma place. Si il y avait un domaine où j'excellai, c'était l'esquive suivie de la fuite. Et oui, elle n'avait aucune pitié. S'en suivait des heures d’entraînement. Dans la soirée, nous allions nous occuper du jardin avant de dîner et d'aller dormir.
    Un jour, alors que mes quinze ans s'approchaient, Délinda me demanda tout simplement où j'allais faire mon passage en maître. Autrement dit: à quel endroit allais-je apprendre à maîtriser mon élément. C'était là une question bien banale pour n'importe quel immortel de mon âge mais pour moi... Et bien je ne savais pas du tout où aller. Une forêt, ça se trouve. Un point d'eau aussi. Mais le problème était de savoir quel était mon élément entre les deux. Alors je me suis mise à explorer les cartes de l'île et j'ai fini par trouver un coin dans la forêt Hermina d'où partait la rivière qui se jetait dans la bay Marina. En bref c'était un bon compromis pour moi. Et puis le grand jour arriva. J'étais très tendue mais une fois encore, ma sœur me rassurait beaucoup. Tous les jeunes immortels partaient faire leur passage en maître le même jour. A la première pleine lune du printemps, les chefs de chaque citées rassemblaient leurs jeunes pour faire quelques cérémonies avant de les laisser partir. Nous devions rejoindre notre lieu d'élévation durant la nuit. Alors après le rassemblement, je suis allé dans une clairière proche de la rivière et me suis perché dans un arbre pour la nuit.
    Le lendemain, je savais qu'il me fallait chercher ma magie dans cet endroit mais je ne voulais pas y rester trop longtemps. Certains immortels peuvent mettre des années pour passer maître, et d'autre quelques jours. Je voulais rentrer le plus vite possible de peur que Délinda ne soit mobilisée pendant mon absence. J'ai donc voulut me surpasser dès le début. Je suis allé me mettre dur le bord de la rivière, je me suis assise et j'ai attendu enfermant les yeux. Je voulais comprendre ce qui était autour de moi et savoir quel était réellement mon élément. Je crois qu'après plusieurs heures, je me suis endormis puisqu'au moment où j'ai ouvert les yeux il y avait un renard qui m'observait. Lorsque j'ai bougé, il est parti en courant dans les bois. C'était un animal magnifique. Durant les jours qui suivirent, je me suis mise à rester immobile au même endroit à attendre qu'il revienne. Et il revenait. Tous les jours il se rapprochait un peu plus. Et puis un jour, il est venu assez près pour que sa truffe humide ne me touche la main toujours immobile. Après cela, il avait pris confiance et se laissait toucher sans trop de peine. Cela me rassurait de ne pas être totalement seule dans cette forêt. Alors qu'il avait pleinement confiance, il m’amena à travers les bois jusqu'à une ouverture sous un arbre déraciné. Il s'est posté devant et m'a regardé. Je me suis approché du terrier et y ai vu un femelle avec quatre petits roux comme leurs parents. Les adultes étaient détendus et les petits intrigués. Les uns après les autres, ils venaient voir, sentir et mordiller cette fille qui était entré chez eux. Après quelques minutes, l'un des deux grands posa sa pattes dur mes genoux pour me faire tourner la tête. Il tenait un autre petit, noir. L'adulte posa sa patte sur mes mains et y mis le petit. J'avais déjà entendu parlé de ces animaux liés aux immortels. Cela n'arrivait pas tous les jours mais des animaux appartenant à l'élément de l'immortel auquel il était lié leur dédiaient leur vie. C'était généralement durant le passage en maître de l'immortel que les animaux se présentent à eux. Jamais je n'aurais pensé en avoir un. L'animal devenait le meilleur ami et le protecteur de l'immortel. Les deux êtres se comprennent et se complètent.
    Les autres renards se levèrent et partirent, me laissant là, avec la petite boule noire qui me regardait comme si elle attendait que je fasse quelque chose. Je savais désormais quel élément devait devenir le mien. J'étais Calypso, fille de Cominos, Elfe de la Cité Camélia.
    Je me suis levé avec le renard dans les bras et je suis retourné au bord de la rivière. Une fois à terre, le petit mâle s'était mis à jouer avec les gouttes d'eau de la rivière dont le courant était fort à cet endroit. Il était vraiment mignon. Durant les jours suivants, je devais trouver de quoi manger pour moi et le petit renard. Souvent, je prenais un branche et l'agitait devant lui pour qu'il essaye de l'attraper. Nous étions bien ensemble. Mais je ne faisais pas que chasser ou jouer durant toutes ces journées. Il fallait que je trouve ma magie. J’essayais donc toutes sortes de méthodes. J'ai essayé les formules en latin, grec, même druidique. Rien. Et puis j'ai trouvé.
    Il y avait cet oiseau, juste au dessus de moi. Il faisait un bruit incroyable. Ce n'était pas un oiseau de l'île. Il n'y en avait pas comme celui-là. Il était noir, gros et très bruyant. Même si je suis endurante, il commençait à m'énerver gentiment. Alors que je me suis retourné dans sa direction, une branche poussa brusquement dans la direction de l'oiseau qui s'envola avant qu'elle ne l'atteigne. C'était ça. Tout simplement. Le sentiment. Le vouloir vraiment. Dans un sens, ça me rassurait de savoir ce petit point. Pendant les jours qui suivirent, je n'ai fait qu'explorer la puissance de ce que je pouvais faire et en mesurer les limites. Et puis, quand même, je me suis mise à faire de même avec l'eau. Juste pour voir. Ce n'était pas pareil, mais ça marchait quand même. C'est donc après de longs mois que je suis retourné dans la Cité Camélia avec Roka. Lorsque je suis entré dans la maison, j'ai eu peur de n'y trouver personne. Il faisait sombre dedans, ce qui n'annonçait rien de bon. J'ai ouvert la porte et une furie m'a sauté dessus. C'était bon, Délinda était toujours là. Et même mieux que cela, les mortels avaient décidé de se replier et les convocations de guerre avaient cessé. Pour tous les immortels, c'était une renaissance. Et puis elle s'est intéressé à la boule noire qui lui reniflait la jambe avec un air perplexe. Lorsqu'elle à reculé, il a fait de même en plus rapide et s'est mis à grogner sans grande conviction. Je l'ai pris dans mes bras et il s'est calmé. Nous avons passé le reste de la soiré à parler de ce que j'avais fait, Roka lové devant le feu de cheminée. C'était bon de rentrer chez soi. Et de savoir que ma sœur resterai avec moi était un grand soulagement. Même si je me berçait d'illusions, je croyais réellement que nous pourrions rester comme cela pendent encore de longues années.

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MessageSujet: Re: La conquête du monde perdu [-16]   Lun 20 Mai - 19:23


Chapitre 2: Née dans la guerre pour la guerre.



Les années ont passé et j'ai grandit. Roka aussi. Il était devenue un fougueux renard noir et blanc à la queue bien touffue, toujours prêt à m'accompagner où que j'aille. J'avais l'air d'avoir une vingtaine d'année mais en avait trente-cinq. La paix régnait depuis vingt ans et tout le pays était calme. J'étais en âge d'être plus active avec Délinda et vendait sur le marché avec elle. Pour moi, c'en était fini les matinées avec les petits griffons. J'étais une vrai adulte et citoyenne immortelle. Cela faisait donc quelques temps que nous n'avions plus entendu parler des Hommes et de leurs attaque. Sans aucune preuve mais pleins d'espoir, nous avions tout simplement pensé qu'ils avaient renoncé à nous éliminer. Et puis un jour, j'étais dans la forêt pour chasser quand j'ai entendu les cornes de la Cité. Nous étions dans un hivers rude. Le jour n'était pas encore levé et la neige crissait à chacun de mes pas. Les cornes ne pouvaient donc pas annoncer un incendie. Roka m'a regardé, l'air de dire "Alors? Qu'est-ce qu'on fait?". C'était un peu ce que je me demandais aussi sans pouvoir me donner une réponse satisfaisante. Et puis il y eut des cris, les gens qui arrivaient en courant dans la forêt. Femmes, enfants, les plus jeunes d'entre nous. C'était les consignes en cas de danger. Des consignes que nous pensions pouvoir oublier. Des consignes qui semblaient ne jamais pouvoir être effacées. J'ai emprunté le chemin contraire, couru jusqu'à la ville, pour n'y trouver que haine et violence. Les Hommes avaient investi la Cité.
Jamais je n'avais vu telle désordre. Les lames humaines et immortelles se mêlaient. Les cris montaient jusqu'au ciel dans un même écho. Le sang giclait sur le même sol. À ce moment précis, je me suis sentie trahie. C'était comme de ne pouvoir se réveiller au milieu d'un cauchemar. Sans trop savoir ce que je faisais, j'ai armé mon arc et ai tiré une rafale de là où j'étais. Puis je suis allé jusqu'à la grand place. Je ne saurais vous retracer précisément mes actes ce jour-là. Le fait est que nous avons finit par prendre le dessus. Cette fois, c'était reparti. La guerre venait de reprendre. Et elle reprenait avec une victoire de notre race. Je n'étais pas arrivé pour le commencement de la bataille mais je savais que les plus atteints étaient aussi les plus jeunes. À nos pieds, devant l'entrée de la Cité Camélia, les corps des guerriers reposaient sur ceux d'enfants. Plus personne ne prenait la peine de dissimuler sa marque et les Hommes en avaient profité. Dans leur perfidie et leur soif de victoire, ils n'avaient pas hésité un seul instant devant les regards paniqués de petits être innocents. Les larmes coulaient le long de mes joues et ma rage grandissait à chaque nouveau corps découvert. Ce soir-là, un calme morbide s'était emparé de la Cité. Tous s'étaient rassemblés avec des bougies et les fleurs les plus éclatantes des champs environnants. Nous étions tous troublés par ce qui s'était passé. Mais nous avions tous la même haine envers cette race qui nous avait défié. Jamais un sentiment tel que celui-ci ne m'avait envahit. Ce n'était plus de la peine, mais bien de la rage qui bouillonnait en moi.
Dès le lendemain, les convocations de guerres avaient repris en masse. Il fallait s'y attendre, Délinda faisait partie de cette liste... mais pas moi. Peut-être encore trop jeune, trop inexpérimentée, allez savoir. Alors elle est revenue vers moi, mais ce n'était plus comme avant. L'une comme l'autre, nous étions fières qu'elle ait été appelée. L'une comme l'autre, nous étions droites devant ce nom inscrit sur un parchemin. L'une comme l'autre, nous n'avons pas faibli et nous sommes allé, ensemble, enregistrer son départ. Il fallait se présenter dans une salle immense où, les uns après les autres, les appelés recevaient leurs affectations. C'était vraiment impressionnant de l'intérieur. Au milieu du marbre blanc, les cinq statues des fondateurs dominaient l'assemblée. Aux pieds de chacune d'elles, des offrandes, des bougies allumées pour ceux qui étaient tombés. J'ai vu Délinda se perdre dans une queue au milieu des autres et je me suis sentie faible. Parmi tous ces gens qui attendaient de remettre leurs vies entre les mains de la guerre, bon nombre n'étaient pas plus expérimentés que moi. Certains savaient à peine se servir de leur élément. J'avais côtoyé les habitants de la Cité suffisamment longtemps pour en connaître les habitants. Après un rapide coup d'œil sur Roka qui ne semblait attendre qu'une seule chose, je me suis avancé devant l'un des instructeurs qui semblait momentanément désœuvré.

« Je me porte volontaire pour le prochain départ. »

Il y eut un moment de silence comme jamais je n'en avais connu. En effet, les volontaires étaient soit suicidaires, soit complètement idiots (et donc déclarés inaptes). Je ne me trouvais dans aucun des ces cas. J'étais tout simplement folle de rage et de chagrin.

« -Bien. Et vous êtes?
-Calypso, fille de Cominos.
-Cominos? J'ai bien connu votre père. Un grand guerrier. Il m'a parlé de vous. La fille hybride. »

Je n'ai pas apprécié. Cet homme attendait de moi surprise, ravissement ou une quelconque preuve qu'il m'impressionnait. Ce n'était pas le cas. Il était possible que mon père ait connu d'autre personnes. De savoir qui m'était indifférent. Je ne connaissais pas les faits d'armes de mon père. Je savais qu'il avait un grade important et qu'il était mort pour les Îles Sœurs. Cet homme pouvait dire ce qu'il voulait, il ne m'impressionnait pas.

« -Élément?
-Terre. »

Il avait continué comme si rien n'était anormal dans ce qu'il venait de dire. Mais au fond de ses yeux, je sentais que ce n'était pas fini. Il avait l'intention de jouer avec moi. Je n'ai jamais aimé que l'on prenne mes nerfs pour des jouets.

« -C'est ce que nous disent vos cheveux. Mais d'où vient le bleu de vos yeux?
-Il est possible qu'il vienne de ma mère. »

Le ton ironique et les grognements de Roka ont provoqué un léger rire chez l'instructeur.

« Je crois que je vais pouvoir vous trouver quelque chose. Maîtrisez-vous vos deux éléments? »

Cette question me faisait l'effet d'un grand coup dans l'estomac. Moi-même j'avais du mal à évaluer mes capacités. Comment pouvait-il attendre une réponse claire? De quel droit se permettait-il de me la réclamer? J'avais donné mon élément. Pourquoi en vouloir un deuxième?

« -Disons que j'en connais les rudiments.
-Alors suivez-moi »

Il se dirigea vers une salle bien plus petite et bien moins finement décorée. Elle était très peu lumineuse car éclairée par de simples flambeaux. Il s'assit derrière une table et m'invita à faire de même.

« Voilà comment cela se passe. Jusqu'à maintenant, nous faisions des asseaux par éléments. Les sirènes d'un côté, les dragons de l'autre, les harpies au milieu... Enfin, tout cela était vraiment compliqué pour tout le monde. Peu avant l'arrêt des convocations, les Anciens avaient pour projet de monter des escouades mixtes. En effet, les sirènes une fois sortie de l'eau ont du mal à agir avec efficacité tout comme les elfes hors de leur forêt et ainsi de suite. Votre double origine pourrait être un plus pour la première vague. »

Je dois dire que j'étais perplexe à un point que vous n'imaginez même pas. Mais les beaux discours, ce n'était pas pour moi.

« Qu'attendez-vous de moi? »

Un rictus pris la bouche de mon interlocuteur qui se leva précipitamment.

« -Je veux que vous fassiez votre instruction avec les sirènes. Je veux que vous vous dépassiez et que vous montriez aux autres l'étendue de votre puissance double.
-Et qu'est-ce qui vous fait penser à une telle puissance?
-La terre et l'eau se complètent. Tout comme vos parents se sont unis -aussi brièvement que cela ait put être- je veux que vous unissiez vos pouvoirs pour avancer auprès des vôtres. »

Bien que très peu engageant, il avait réussi à m'intriguer. Finalement j'étais prête à le faire. Et puis, de toute façon, je ne risquais pas grand chose à essayer.

« C'est d'accord. »

L'instructeur se rassit et se mit à écrire sur un parchemin. Sa plume laissait sa trace sur le support comme si des vies en dépendaient et l'homme continuait à me parler en même temps.

« Vous partirez en même temps que les autres et vous irez trouver l'instructrice sirène. Vous lui remettrez cette lettre et elle vous dira quoi faire. »

Il apposa son sceau sur le parchemin plié et me le tendit.

« Bonne chance Calypso. »

Il me fit signe de sortir et je ne me fit pas prier.
Une fois de retour dans la grande salle, Délinda m'attendait avec un air inquiet que je ne lui connaissais pas encore. Cependant, elle n'osa poser la question qui lui brûlait les lèvres: Pourquoi? Ce simple mot aurait résumé toute sa pensé. Ce "Pourquoi" aurait exprimé sa peur, son incompréhension, mais aussi son amour. Mais depuis le temps, elle n'avait plus besoin de parler pour que je la comprenne, et il en était de même pour elle. Aussi, nous sommes rentrés pour préparer nos paquets avant de prendre la route.

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MessageSujet: Re: La conquête du monde perdu [-16]   Dim 9 Juin - 20:02


Chapitre 3: Affronter la vie, c'est s'affronter soi-même.



Trois jours plus tard, nous étions en route pour la côte. C'était là-bas que se trouvait le camps de formation. Plus nous avancions, plus nous étions nombreux. En chemin, des Harpies de la vallée nous avaient rejoint, mais également des elfes et des dragons. Ceux qui vivent dans la Cité se ressemblent, mais ceux qui sont restés dans leur élément pourraient sembler sauvages. En général, ils sont de meilleurs guerriers, des maîtres accomplis. C'est pourquoi les Mortels ne se risquaient plus à attaquer directement les éléments. Les elfes étaient tous assez semblables, assez féminins, légers, gracieux. Les harpies me paraissaient hautaines et supérieures. Elles ne se mêlaient pas aux autres et passaient plus de temps en l'air que sur la terre. Mais à mon goût, les plus impressionnants étaient les dragons. Ils ne souriaient pas, ne parlaient presque pas. Mais plus imposant: étaient très lourdement armés. Leurs lames faisaient presque leur taille et les gardes de leurs épées étaient finement forgées. Autre chose était remarquable chez eux. Jusqu'à un certain âge où ils "s'assagissent", les dragons sont polygames. Contrairement aux autres races où chacun passe sa vie à la recherche de l'autre, eux ne cherchent pas. Mais lorsqu'ils trouvent, alors plus rien ne les séparent. Cela peut être un qualité comme un défaut. Après cinq jours de marche, nous étions arrivé au camp. Les tantes étaient dressées par rangées. Ainsi, de longues allées s'étendaient de chaque côté. Bien vite, nous remarquâmes que les maîtres étaient séparés par éléments. Des étendards flottaient devant les allées indiquant l'élément auquel elle appartenait.
Après avoir embrassé Délinda qui allait chez les harpies, je me suis mise en quête de l'instructrice sirène. Roka me suivait de près et ne semblait pas tout à fait à son aise. J'ai fini par trouver la tante de l'instructrice et après que l'on m’ait annoncé, je me suis retrouvé devant elle, assise devant un tas de parchemins.

« Et bien, ne restez pas comme cela, approchez. »

Je me suis exécuté et lui ai présenté la lettre. Au fur et à mesure qu'elle lisait son visage changeait d'expression pour finir avec un mélange curieux de haine et de peur. J'ignorais ce qu'il y avait dans cette lettre mais j'avais peur que cela n'aille pas en ma faveur. Après un petit moment, elle revint sur les premières lignes et les fixa. Puis elle ferma les yeux, posa la lettre et se leva d'un coup. Cette fois, elle paraissait plus déterminée qu'autre chose. C'était une femme plutôt grande, les cheveux noués en tresse qui passait sur son épaule, dague à la taille et armure légère. Bien que très fine, elle faisait un peu peur comme ça.

« Alors comme ça vous êtes hybride. »

Mais pourquoi toujours ce mot!!! Semi sirène ou elfe, double élémentariste, même bâtarde aurait été mieux dans sa phrase. Mais hybride... Cela me faisait paraître comme anormale, mutante. C'était très désagréable. En même temps, cette femme allait être mon instructrice. J'ai préféré ne pas relever ce manque de tact et ai laissé Roka grogner pour moi.

« -Oui, madame.
-Et je suppose que cet animal est votre familier?
-Oui madame. Il s'appelle Roka.
-Et bien laissez-moi vous dire que s'il se met à grogner sur tout le monde comme cela, il aura une vie bien courte. »

Alors là je miserai plutôt sur la colère. Que le renard lui grogne dessus comme cela ne semblait pas la mettre à l'aise. En même temps, le contraire aurait été malheureux. Après un petit regard de ma part, il s'était arrêté et s'assit en attendant d'avoir une bonne raison pour recommencer.

« Je préfère cela. Maintenant passons à vous. Je m'occupe de former un groupe constitué de sirènes et de dragons. Il a été démontré que ces deux races avaient des caractères si différents qu'il finissaient par se compléter. Les uns étant soudés et agiles et les autres indépendants mais calculateurs de leurs moindres actions. Cela mis en commun nous donnera un très net avantage. Votre côté elfique vous donne -normalement- une agilité constante. »

Même si j'avais à peu près suivi le début, j'avais complètement lâché à la dernière phrase.

« L'agilité constante fait référence au fait que les sirènes sont moins à l'aise sur terre que dans l'eau et inversement chez les elfes. »

Tout de suite beaucoup plus clair. Étais-ce vraiment si compliqué de tout dire d'un coup plutôt que d'attendre de me voir perdue dans son flot de paroles?

« Maintenant que vous savez à peu près tout, si nous allions voir ce que vous savez faire... »

Il y avait un ton mystérieux qui n'annonçait rien de bon, mais aussi un regard d'enfant amusé qui faisait légèrement peur chez une instructrice comme elle. Quoi qu'il y ait eu dans cette lettre, elle avait l'air de l'avoir complètement oublié.
Nous sommes sorti de la tante et nous sommes dirigé vers une plaine un peu plus loin. L'instructrice fit sonner une corne et bientôt, les derniers dragons et sirènes arrivés étaient tous autour d'elle. J'en ai profité pour m'éloigner un peu.

« Bienvenue à vous. Je me nomme Minia et durant les prochaines semaines, c'est moi qui m'occuperai de votre formation. Si les dragons ont des réclamations, allez donc voir dans la cinquième tante à votre gauche dans la sixième allée. Sachez cependant que le but de ces groupes mixte est une entraide qui permettra un avantage sur l'ennemi. Pour commencer, je suis curieuse de voir où vous en êtes alors vous allez tous prendre une des armes prévue pour les exercices et revenir pour que je vous donne plus de détails. »

Et là ça coinçait un peu. Les elfes se battent avec leurs flèches, les dragons avec de longues épées aux lames très travaillées, les harpies avec leurs corps et les sirènes... Avec des lames courtes. C'est à dire tout ce qui est dague, couteau, poignard, etc. Et je ne connaissais pas bien ces petits trucs-là. Du coup, j'en ai pris un à tout hasard mais sans grande conviction. Les armes étaient enduites de colorants. Les longues des dragons de rouge et celles des sirènes de bleu. Nous sommes retourné devant Minia.

« Parfait. L'exercice est simple. Je vais vous mettre dans un terrain qui vous est inconnu et vous allez devoir toucher vos adversaire aux endroits potentiellement mortels chez l'Homme. Si vous êtes touché, vous devez revenir ici et attendre les autre. Celui qui aura survécu aux autres sera le vainqueur. Aucun prix ni aucune faveur ne lui sera accordé. La seule chose qu'il remportera sera une bonne dose de satisfaction personnelle. Compris? »

Il y eut un oui de la tête collectif et tout le monde se dirigea vers la forêt que Minia montrait du doigt. Une fois dedans, les dragons se sont déchaîné et ont touché un grand nombre de personnes d'entrée de jeu. Ne sachant pas me servir de telles lames, je suis monté me camoufler dans un arbre en espérant qu'ils oublieraient que j'étais là. Du haut de mon perchoir, j'avais une belle vue sur Minia qui était rejoint par ses élèves déçus et couverts de couleurs multiples. Au bout d'un moment, je n'entendais plus grand chose en bas et Minia étant bien entourée, je me suis décidé à descendre. J'ai commencé à revenir vers la plaine quand quelque chose de très lourd tomba sur moi et me fit tomber. C'était un dragon qui semblait tout fier de sa prise. Ses cheveux mi-longs cachaient en  partie son visage triomphant.

« Je commençais à croire que tu ne descendrais pas. »

Il s'était assis sur moi ne jugea pas nécessaire de me marquer tout de suite. Plus par réflexe qu'autre chose, j'ai jugé bon de le faire basculer en arrière pour me relever. Il a fait de même et s'est mis en face de moi, prêt à me frapper avec son arme. Chacun a commencé un mouvement de balancier nerveux et il s'est mis à me tourner autour. J'ai suivi le mouvement. D'un coup, j'ai plongé vers lui et, croyant que j'allais le marquer, il a fait de même. Le hic c'est qu'il n'avait pas prévu que j'allais en réalité plonger vers le sol pour rouler à terre et me relever aussi sec. Il a fini par terre, emporté par son élan. Cette fois c'est moi qui me suis assise sur lui et je n'ai pas attendu avant de le marquer à la gorge.

« Peut-être qu'il aurait été préférable pour toi que je ne descende pas finalement. »

En entendant cette phrase, il me jeta un regard noir des plus convaincants et je me suis relevé. Nous avons rejoint Minia et les autres qui avaient eu le loisir de voir toute la scène.

« Ce n'était pas très habituelle mais de toute évidence c'est une technique qui a fait ses preuves. Avez-vous côtoyé une harpie à un moment de votre vie ou étais-ce inné comme méthode? »

De toute évidence, c'était à moi qu'elle parlait.

« J'ai été élevée par l'une d'elle. »

Cette réponse semblait lui convenir puisqu'après avoir arboré une expression très étrange, elle se retourna et nous fit signe de la suivre. Une femme décidément très particulière. Roka qui était resté plus loin me sauta dessus tout content. Je le pris dans mes brans avant de suivre Minia qui ne s'était pas arrêté.

« Veuillez déposer vos armes là où vous les avez prises et regagnez vos tantes. Vous aurez une longue journée demain, croyez-moi. »

Nous nous exécutâmes et alors que j'allais partir elle m’interpella.

« -Votre situation me pose un problème, Calypso.
-Un problème? Mais je ne vois pas pourquoi?
-Le fait que deux races prennent la décision de s'unir, même très brièvement, je le conçoit. Avec peine mais cela peut arriver. En revanche, ce que je ne comprends pas, c'est pour quoi diable avez-vous finit élevée par une harpie?
-Ma mère est partie lorsque j'étais bébé et mon père est décédé. Sachant cela je dirais que la harpie en question était une âme charitable. »

Elle avait littéralement changé de regard lorsque j'ai parlé de la mort de mon père et je doute qu'elle ait écouté la fin de ma phrase.

« -Cominos est mort? Mais depuis quand?
-Euh... Cela doit faire vingt-huit ans.
-Oh... Et vous n'avez jamais essayé de retrouver votre mère? Enfin, cela ne me regarde peut-être pas mais...
-C'est que je ne savais pas grand chose d'elle. C'était un sirène, point. Et je n'ai pas spécialement envie de rechercher quelqu'un qui m'a laissé tomber.
-Oui... c'est logique... Le fait est que vos techniques de combats ne sont pas des plus habituelles puisqu'ils s'agit d'un mélange. Même si je ne vous demande pas de les oublier, il serait bon que vous appreniez à vous servir d'un couteau.
-Bien madame. »

Elle prit un air satisfait et résigné avant de repartir dans sa tante. Non mais de quoi je me mêle. Ma vie ne regardait que moi. Enfin, je suppose que des filles comme moi ne devaient pas arriver tous les jours et qu'elle était curieuse. J'ai décidé de ne pas en tenir compte.

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MessageSujet: Re: La conquête du monde perdu [-16]   Dim 4 Aoû - 11:39


Chapitre 4: Il y a des jours comme ça où lutter ne mène à rien.



En effet, la journée qui avait suivit était mouvementée. Après nous avoir fait courir des heures, Minia nous avait fait nager des heures. Elle disait que les escouades mixtes nécessitaient un minimum d'efforts des deux côté. Une occasion de me découvrir une queue de poisson d'une couleur chair plutôt sympathique. Mais il s'agissait vraiment de mes deux côtés endoloris par les armures spécifiques faites pour protéger nos marques. La mienne ne couvrait donc que le haut du corps qui, je dois l'avouer, était peut-être un peu frêle. Du coup, elle me laissait des marques aux hanches. Il n'est pas si aisé de nous tuer mais cela ne nous empêche pas d'avoir mal.
Les jours suivants, Minia enchaînait les exercices divers. Nous pouvions passer d'une simulation de bataille à un exercice de survie, ce en quelques secondes. Pas très évident tout cela. Et puis, comme ça, un matin, elle nous avait rassemblé et nous attendait avec des cordes.

« Bien le bonjours. Vous vous demandez certainement pourquoi ces cordes? C'est très simple. Aujourd'hui je veux voir l'étendue de vos progrès mais aussi de votre entente. J'ai insisté dessus les premiers jours et je vais continuer jusqu'au jour où je ne serais plus là pour le faire. Je vais donc faire des duos sirène-dragon et vous lâcher dans la forêt. Tout comme le premier exercice, vous devrez vous affronter les uns les autres et vous marquer. La seule différence est que vous serez attaché à votre partenaire. Si l'un des deux est touché, c'est le binôme complet qui est éliminé. Bien entendu, vous ne pouvez  tuer votre partenaire. Le binôme survivant sera le gagnant. Attention, cette fois il n'y a aucune limite de temps. Cela signifie que l'exercice peut aussi bien durer deux heures que deux jours. Tout de même, si dans une semaine l'affaire n'est pas réglée, l'exercice passera des bois à la plaine. »

Elle commença alors à attacher des gens entre eux par le poignet et les envoya dans la foret. Comme vous le savez, j'ai beaucoup de chance. Mon binôme s'appelait Cobalt. C'était le dragon du premier jour, celui qui m'avait sauté dessus. À peine attachés, nous avons couru jusqu'à la forêt. Une fois sous les arbres nous avons cherché un coin tranquille pour parler un peu des prochaines heures. Ce fut Roka qui trouva le premier une souche d'arbre menant à une sorte de tanière. Nous nous faufilâmes donc dans le trou et la boule noire resta près de l'entrée pour surveiller.

« -Ton familier semble plus réfléchi que toi.
-Oui, moi aussi je suis enchantée de te rencontrer. Il est très délicat de ta part de me complimenter dès le début. »

Au moins il était prévenu. Je n'aime pas que l'on se moque de moi ou de Roka. Bien qu'au final, cela revenait un peu au même.

« -Oh, mais c'est qu'on a son petit caractère.
-Et oui, comme tout le monde. »

Après cela, il serait compliqué de parler "d'entente". C'est Minia qui allait être déçue... Au bout d'un moment, Cobalt commençait sérieusement à se sentir à l'étroit. La forêt c'était pas du tout son truc. Alors nous sommes sorti pour voir si nous ne pouvions pas éliminer un ou deux groupes. Finalement, nous en avons sorti cinq. C'était un bon début pour des personnes qui ne peuvent pas s'entendre. Environ toutes les heures, nous sortions marquer quelques maîtres et nous retournions dans le terrier où Roka nous attendait bien sagement. Lors de la dernière sortie de la journée, j'avais pris le temps de couper deux grande branches avant de retourner sous terre. Durant la nuit, j'ai taillé la première pour en faire un arc avec quelques fils de la corde qui me reliait à Cobalt, et les autres en flèches ou j'avais mis du marqueur qui était sur mon poignard. Il fallait bien se débrouiller en forêt, non? Et bien je me suis débrouillé. Lorsque mon camarade s'est réveillé, il me regardait avec de grands yeux ronds pendant que je fixais la cordelette à la branche.

« -Mais qu'est-ce que tu fais?
-Je crois qu'on pourrait appeler ça un arc.
-Sans blague. Mais tu sais tirer à l'arc au moins?
-Et bien c'est ce qu'on verra. Allez, viens la marmotte. »

Pour être tout à fait honnête, je l'ai plus traîné derrière moi qu'autre chose. Sa curiosité était bien la seule chose qui me permettait de le faire. Autrement, il était bien plus fort que moi et n'aurait eu aucune peine à m'arrêter. Mais il ne dit rien et me suivit. Lorsque j'ai voulu monter à un arbre pour pouvoir viser d'en haut sans me faire voir, il m'a regardé étrangement et à croisé les bras.

« -Non mais tu crois sérieusement que je vais monter là-dessus?
-Bah... oui.
-Et bien laisses-moi te dire que c'est hors de question. Je ne suis pas un singe, je suis un dragon. Les dragons ça reste planté au sol et ça fonce dans le tas. Qu'est-ce que tu peux bien faire chez les sirènes toi?..
-Mais réfléchis deux petites secondes. Personne ne pensera à regarder là-haut puisque personne n'en aurait l'idée et moi j'ai plus qu'à attendre qu'ils viennent et boom, une flèche et c'est réglé. Allez, s'il te plaît.
-... D'accord mais c'est uniquement parce que tu as des arguments. Et je te prévient que si tu ne sais pas tirer à l'arc, la prochaine fois on fera à ma façon. »

Alors nous avons escaladé cet arbre pou nous planter sur une grosse branche cachée par les feuilles vertes. Après quelques heures, un duo s'est approché et un autre arrivait de l'autre côté. Ils auraient pu être sur un plateau, cela n'airait pas été aussi bien. Je les ai laissé s'approcher encore un peu, ai préparé deux flèches sur mon arc et les ai tirées dans les deux directions. Il y eut un cris de chaque côté et se voyant, les binômes se dévisagèrent, croyant que l'un avait éliminé l'autre et vis et versa. Tordant. Il m'a fallu une certaine force pour éviter mon rire d'éclater et visiblement il en était de même pour Cobalt. Une fois les quatre perdants partis, nous avons éclaté et il a été bien obligé de reconnaître que j'avais raison. Du coup, nous avons fait comme cela encore quelques jours et la corne sonnant la fin de l'exercice a retentit. Nous étions les derniers. Nous sommes donc sorti de la forêt en retraçant les derniers exploits de mes flèches. Autant dire que nous avions bien rit jusqu'au moment où nous nous sommes retrouvé devant Minia et les autre groupes. Ces derniers nous fusillaient du regard et Minia semblait tout à fait ravie.

« Et bien voilà. Les gagnants du premier jours resteront apparemment ceux des derniers. J'aurais trouvé plus amusant que ce soit un autre groupe mais bon. Toute mes félicitations. Vous pouvez aller vous reposer un peu mais je veux vous voir tout les deux dans ma tante après le dîner. »

Nous avons répondu à l'unisson avec un "Oui madame" bien ferme et chacun est retourné dans sa tante. Moi je me suis écroulé et Roka m'a sauté dessus, tout content. En voyant que j'étais fatiguée il s'est allongé à côté de moi, a baillé un bon coup et s'est endormi. J'ai été à peine plus lente pour faire la même chose. Puis il m'a réveillé quelques heures plus tard pour le dîner. Je me suis traîné jusque là-bas et y ai retrouvé Délinda. Nous avons parlé de l'exercice et elle m'a dit qu'elle avait fait le même avec les elfes. Elle et son binôme avaient fait la même chose sauf qu'elle l'avait porté dans les airs et qu'il avait tiré ses flèches de là-haut. Forcément si il a une harpie c'est plus facile. Moi j'avais un grand truc impossible à bouger comme binôme. Enfin. Le fait est qu'ils n'avaient pas tenu jusqu'au bout. Après cette charmante discution, j'étais allé devant la tante de cette chère instructrice. Cobalt y était déjà et nous sommes entré ensemble. Minia nous tournais le dos et en nous entendant, elle s'est retourné. Une splendide louve noire se tenait à ses côtés.

« Ah, vous voilà. Vous êtes un peu en avance par rapport à ce que j'avais prévu mais tant pis. Je vous en pris, asseyez-vous. »

Nous avons fait ce qu'elle disait et à peine avais-je posé mon dos sur le dossier que la louve se leva et vint me renifler la main. Je l'ai regardé un peu surprise et elle a mis sa tête sous ma main. Minia sembla gênée et un peu bloquée puis elle repris ses esprits.

« Cany, viens ici. »

La louve obéit mais continuait de me fixer avec un regard heureux. Je ne savais pas pourquoi, mais mon attention fut détournée par Minia qui pris la parole.

« -Je suis désolée. Elle n'avait jamais fait cela avant.
-Ce n'est rien. Roka a déjà fait bien pire.
-Si vous le dites...
-Pardonnez-moi mais les sirènes ont habituellement des familiers aquatiques, non?
-Et bien je me contenterais de dire que vous n'êtes pas la seule à ne pas faire comme tout le monde. »

Elle était devenue sèche et semblait vouloir se persuader de quelque chose. Je n'ai pas insisté et elle semblait soulagée par mon choix. Elle s'est détendu et a enchaîné. Cobalt qui avait tout suivi n'avait pas bougé et attendait le moment où elle nous demanderais de partir.

« Si je vous ai demandé de venir seuls c'est parce que j'ai des projets pour vous. Mes supérieurs ont décidé qu'il était temps pour les escouades mixtes de partir chez les Hommes. Le départ est prévu dans deux jours. Vous avez montré que vous aviez des ressources et que vous saviez vous défendre aussi bien que vous battre. J'ai donc décidé que vous seriez mes seconds. Je mène la danse mais en cas de problème, ce sera auprès de vous qu'on ira chercher de la fermeté, de l'autorité et de la stratégie. »

Alors là, que ce soit ce gros dur de dragon ou moi, nous étions aussi surpris l'un que l'autre. Non seulement parce que nous allions partir en guerre pour de bon, mais aussi parce que Minia venait de nous dire clairement que cela allait être assez dangereux pour qu'elle y reste. De quoi surprendre un certain nombre de gens à commencer par les fraîchement gradés que nous étions. Mais notre supérieure a fait comme si nous n'avions pas réagit et a tout simplement continué ses explications.

« Nous passerons par la mer et une fois sur leurs terres, il faudra courir à travers la forêt jusqu'à un camp que nous avons installé il y a déjà un certain temps. C'est cette traversée qui sera la plus dangereuse. Une fois au camp, nous attendrons d'autres groupes pour prendre les Hommes à revers et faire au moins aussi fort qu'eux à Camélia. Athènes sera la première victime de notre colère. »

Minia était passionnée par ce qu'elle disait et en même temps, elle avait ce regard plein de haine et de colère que nous ne lui avions jamais vu. Elle a respiré un coup avant de nous dire de retourner dans nos tante essayer les nouvelles armures qui y avaient été déposées. Et nous ne nous sommes pas fait prier. Alors que j'allais sortir, Minia s'était replongé dans des cartes et sa louve s'était levé pour m'attraper la manche. Je me suis arrêté et l'ai regardé. Cany a jappé un coup et Minia a levé la tête. Elle s'est levé d'un coup et a repris un air passablement agacé.

« Je t'ai dit de me laisser faire. Laisses-la partir et arrêtes tes fantaisies. »

Un jours il allait me falloir des explications à tout cela mais ce n'était pas vital pour le moment. Alors je suis partie. Une fois dans ma tante, j'y ai trouvé un coffre de bois richement sculpté. Il y avait la marque de l'eau sur le côté et ce que j'ai déchiffré comme des vagues tout autour. Je l'ai ouvert, doucement et il contenait une armure neuve et brillante, des chaussures et tout ce qui était nécessaire pour l'habillement d'une seconde menant les sirènes. Dessous, bien emballé, il y avait un poignard superbement orné d'une pierre bleue juste en dessous de la garde. Cette fois, c'était bon, j'allais y aller, les batailles, la guerre. Et puis deux hommes sont entrés et ont déposé un autre coffre, plus petit et sans ornements, disant qu'il venait de l'instructrice. En l'ouvrant, j'y ai trouvé un arc. Un arc magnifique, décoré et ma foi, bien solide. Il y avait aussi un carquois et un certain nombre de flèches. Minia avait certainement compris qu'il pourrait être utile dans mes mains.

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